LE BANC

Technique

Pourquoi cinq places

Un banc a cinq places. C'est une variable d'environnement, donc modifiable en une seconde, et pourtant elle n'a pas bougé depuis le premier jour.

En dessous, ce n'est plus un banc. À deux, c'est un tête-à-tête, et un tête-à-tête avec un inconnu ressemble à un rendez-vous : chaque phrase pèse. Il faut une troisième personne pour que le silence redevienne confortable.

Le plafond

Au-dessus de huit, autre chose se casse. On ne suit plus qui est qui. Les prénoms perdent leur pouvoir — Firmin n'est plus une personne, c'est une étiquette dans une liste. Les messages se superposent, on répond en décalé, et on obtient un fil d'actualité, c'est-à-dire précisément ce qu'on essayait de ne pas faire.

Cinq, c'est une conversation qu'on suit sans effort, tous les prénoms en tête. Ça se trouve aussi être le nombre de gens qui tiennent sur un vrai banc, sans que personne soit assis sur l'accoudoir.

Quand un banc est plein, on n'agrandit pas : on en crée un autre. Un banc plein reste un banc, un banc élastique devient une salle.

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